Anne, Yvan, Júníus & Andrea

1/3 de confirmation, 2/3 de découverte, 1 pincée de délicatesse, 1 grosse cuillerée à soupe d’authenticité et pour finir 1 belle dose de fièvre intense, telle est la recette de cette chronique en 3 temps…


Yvan Guillevic & Anne Sorgues – Better Days

YGAS – Better Days (01/2019)

Yvan fait non seulement partie des murs de ce blog, mais aussi de ses fondations, puisqu’on le suit depuis son album ‘End of the World‘ avec PYG en 2011…
Better Days‘, sorti en janvier dernier, est le 2ème EP du duo Yvan & Anne; le 1er, ‘Do it your Way‘ est sorti fin 2017.
Je vais donc faire d’une pierre deux coups: vous épargner une n-ième biographie et vous présenter le projet de Yvan et de Anne en lisant la chronique de ‘Do it Your Way‘ ici (lire chronique).
Pour ceux qui ont la flemmardise de se taper une chronique supplémentaire à lire, je vais faire court: Yvan est un guitariste aux racines rock et blues. Anne est une chanteuse de gospel aux influences jazz. De leur rencontre est né un projet, YGAS (leurs initiales, fallait-il préciser ?), oscillant entre blues et soul.

Au risque de me répéter, on retrouve dans cet EP les mêmes ingrédients qui ont fait le charme de son prédécesseur: sensibilité, élégance et délicatesse. L’ambiance intimiste laisse, bien évidemment, la part belle à la guitare de Yvan, unique instrument qu’on retrouve tout au long des 5 titres. De son côté, la voix de Anne semble avoir gagné en douceur et en émotivité, comme si le bel accueil du 1er EP lui avait permis de franchir un cap au niveau de la confiance et de l’assurance. Sa performance sur Angel of Mercy est en tout point remarquable, et reste à la base de l’intense émotion qui se dégage de ce morceau.
Si le terme ‘groove‘ revenait régulièrement pour décrire les morceaux du précédent EP, on ne pourra pas l’employer ici car il ne serait pas à propos. Ce qui démontre, au passage, que ce Better Days n’est pas un simple copier-coller (ce qui n’est pas le genre de la maison).
Quiétude, sérénité et délicatesse seraient, pour ma part, plus appropriés pour définir ce mini-album bien trop court mais qui, du coup, ne s’écoute jamais une seule fois mais multiplie les boucles…

http://www.yvanguillevic-annesorgues.com

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Júníus Meyvant – Across the Borders


Júníus Meyvant – Across the Borders
(01/2019)

Unnar Gísli Sigurmundsson est né en Islande, plus précisement sur l’île d’Heimaey. Il tarde à choisir la musique, préférant le skateboard et la peinture, et c’est sous le pseudo de Júníus Meyvant qu’il va faire ses premiers pas, un peu après 2010…
En 2016 il sort son 1er album, ‘Floating Harmonies‘ aux forts accents de soul et de funk teintées très 70’s.
En janvier dernier est sorti son 2nd album, Across the Borders, où l’on retrouve les mêmes éléments, saupoudrés d’une belle dose de cuivres et d’orgue Hammond, qui raviront les amateurs du genre (et les autres…).
La voix chaude et légèrement voilée de Júníus se pose sur des compositions ciselées et finement brodées, aux orchestrations riches et soignées. Un rythme mid-tempo, tout à la fois ondulant et cadencé, baigne au long de 11 morceaux parfois charmeurs et séduisants (Lay Your Head, Carry On With Me, Across the Borders) parfois balancés et chaloupés (Love Child, High Alert, Punch Through the Night). Et toujours mélodieux et harmonieux, sans faux-pas ni baisse de régime, ce qui en rend l’écoute facile et agréable.

On pourra ergoter ou pinailler sur le style réel de l’ensemble: soul, folk, pop ?… Un peu de tout ça, en fait. En tout cas, un savant mélange des genres pour un objet soyeux, loin du clinquant futile et artificiel d’un trop grand nombre de productions actuelles.

Il reste que délivrer autant de chaleur, tant au niveau de la voix que de la musique, quand on vient d’un coin du globe si froid…. étonnant !

http://juniusmeyvant.com/

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Andrea Bignasca – Murder

Andrea Bignasca – Murder
(09/2018)

Lorsque je suis tombé sur cet album, dès le 1er morceau, je suis tombé. Par terre. Au 2ème, j’étais accroché au plafond.
Le genre d’album qui a le pouvoir de provoquer ce geste instinctif: tourner le bouton ‘Volume‘ dans le sens des aiguilles d’une montre (et pas qu’un petit peu…). En général, ça ne trompe pas; la dernière fois, si je me souviens bien, c’était pour le ‘Great Escape‘ de Crippled Black Phoenix (qui continue de tourner régulièrement sur la platine). Première impression à chaud, donc: ce Murder c’est du lourd !
Je ne sais plus comment j’ai découvert Andrea. Comme d’habitude, en fait: j’errais d’une souris nonchalante sur le net, quand cet album a déboulé dans mes enceintes après un clic désabusé…
Du rock. Solide, puissant, rugueux et efficace. Des guitares acérées et agressives, des riffs affûtés et saignants (à moins que ce ne soit l’inverse…), une basse grondante et rugissante, une batterie qui claque comme un fouet. Et puis cet orgue hammond qui surgit discrètement, de temps en temps. Tout y est. Qui plus est, remarquablement restitué par une production sans faille qui délaisse les fioritures et le superficiel pour se concentrer sur l’essentiel, à savoir l’énergie et l’intensité.

Ah oui, mais non. J’oubliais le principal.
La Voix, bien sûr !

Âpre, frénétique, chaude, profonde, écorchée, vibrante, intense. Jamais criarde ni braillarde. Andrea ne gueule pas, ne hurle pas, non, il chante. Même quand c’est violent. Il me rappelle le Bob Seger de la grande époque, celle du ‘Live Bullet‘. La similitude avec Eddie Vedder est assez frappante, aussi. Ajoutons à cela un second degré, une auto-dérision, qui rend le personnage sympathique (cf. la vidéo ci-dessous).
Les compositions sont homogènes, le rythme soutenu, même si les inévitables balades (Graced, Mine, Murder) nous permettent de reposer des oreilles bien secouées (Moonshining, Little Darling, All Things Dirty). Pas de refrain qui tue, mis à part peut-être sur Monster, mais peut-on appeler la chose un refrain ?.. Est-ce grave, docteur ? Il y a surtout du contenu et du fond, il n’y a pas que la forme, c’est bien là le plus important.

Cet album a une âme.

Bon, on aura compris: à la croisée du rock, du blues et du hard-rock, on a le droit ici à ce que les américains maîtrisent, accompagnés de quelques australiens.
Nul doute que cet Andrea a pas mal bourlingué dans les pubs et les bars de la côte est, du Kentucky ou des plaines australiennes, voyons voir ça…
Tout faux: Andrea est un jeune trentenaire, qui continue de tracer sa route dans sa ville natale, Lugano, en Suisse !!!… Bluffé à mort.

L’ovni rock de ce début d’année, même s’il n’est sorti qu’en septembre dernier.

Indispensable.

http://bignascaandrea.com/

J-Yves

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