Daran – Endorphine

Endorphine
Daran – Endorphine (09/2017)

Cette chronique n’est pas une chronique.
Dans une chronique, on commence en général par présenter l’artiste ou le groupe. Puis on essaie de situer leur musique dans le paysage musical. On entre peu à peu dans les détails, en parlant de l’album en question, puis on termine en faisant ressortir les points d’intérêts, ce pourquoi, justement, on écrit cette chronique.

Pas de ça ici. Pas aujourd’hui.
Parce que Daran.

Parce que depuis Pêcheur de Pierres (2003) je crois avoir chroniqué chacun de ses albums. Ce qui ne représente pas une grosse masse de boulot, vu que le gars sort en moyenne un album tous les 3 ans.
Parce que quand je relis certaines de ces chroniques, je les trouve chiantes. Je suis un inconditionnel de Daran. A mort. Je fais même pas mal d’efforts pour ne pas arriver au stade de la groupie. Et quand j’adore un truc, je me suis aperçu que j’en parlais très mal.

Je ne vais donc pas parler d’Endorphine.
Non, je vais parler de ma relation à Daran. Je préfère vous avertir maintenant: si vous vous en tapez, vous pouvez arrêter là et vaquer à d’autres occupations.

Vous êtes resté ?.. merci.

Daran et moi, donc.
Musicalement, ça colle. Le seul accroc a été Déménagé: trop electro, pas assez de guitares, pas assez de rock, surtout venant derrière le splendide Huit Barré. Si dans la forme, le rock de Daran reste classique, il ne se cantonne pas dans un format bien défini. Tantôt adepte du couplet-refrain standard, fleurtant avec la pop, tantôt adepte du concept-album dans une veine purement progressive, tels Le Petit Peuple du Bitume et ce Endorphine. Tantôt adepte de l’électrique, tantôt adepte de l’acoustique intimiste (Le Monde Perdu). Bref, musicalement, ça oscille, ça évolue, ça bouge, mais ça reste cohérent. Pas un long fleuve tranquille, donc. J’adhère. J’adore.

Mais Daran et moi, c’est essentiellement au niveau des textes que ça se passe. Il est le parfait exemple que le rock peut se chanter en français, sans se contenter de raconter de plates conneries. Parce que fond il y a. Je ne vois, à ce niveau de qualité, que les textes de Domi Leonetti (Lazuli). Au niveau des thèmes abordés aussi…
C’est là que réside la grande force de Daran; il n’écrit pas les textes, mais à travers ses diverses collaborations, il réussit à garder une ligne directrice, une cohérence. L’épine dorsale sur laquelle tout repose a été mise en place par Alana Filippi, qui a laissé la main (et le stylo) en cours de route à Pierre-Yves Lebert, qui a su garder le cap et qui n’a en rien dénaturé le fil directeur. Daran évolue, et ses textes aussi. Le jeune écorché vif de Huit Barré ou d’Augustin et Anita a laissé, peu à peu, la place au gars désabusé, désenchanté. On en est tous là, plus ou moins. On prend de l’âge, les cheveux grisonnent… on gueule un peu moins, on ne s’agite pas autant qu’avant. Mais intérieurement, ça continue de bouillonner, ça remue, ça secoue. On a toujours la rage, mais elle s’intériorise. Elle est moins visible. On s’est calmé… enfin, en apparence. Lire les textes de Dur à Cuire et Je Repars pour ceux qui ne comprennent pas ce que je veux dire…

Pour finir, Daran et moi, ça fait écho.
On a tous plus ou moins un artiste, une personnalité, de n’importe quel domaine, dans lequel on se retrouve. Quand il parle, quand il chante, dans notre intérieur profond ça résonne, ça fait écho. Quand ma boîte a fermé, j’écoutais Quand la Bise fut Venue de Lazuli et Le Bal des Poulets de Daran, et ça correspondait pile-poil à mon état d’esprit de l’époque. Mais fallait que je me botte le cul, alors j’écoutais Olivia… On a les mêmes préoccupations, les mêmes angoisses, les mêmes craintes, les mêmes colères. Les mêmes.

Je n’ai croisé Daran qu’à quelques rares occasions. Pas assez groupie pour faire 3 ou 5 heures de route pour aller le voir sur scène. Quand je disais que je faisais des efforts…
On a échangé 2, 3 mots, à la fin d’un concert:
– moi: « je me suis régalé, c’était super ! » (on notera l’originalité du propos…)
– lui: « oui, moi aussi ! »
Je l’ai dit: les mêmes !

Et puis on a fait une photo.

Daran & Me
(c) Pirlouiiiit

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J-Yves

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5/5 : StarGreenStarGreenStarGreenStarGreenStarGreen               étonnant, non ?

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Pour le clip officiel du 2ème extrait de l’album, Elle Dit, Daran a lancé un concours, où chacun réalisait sa propre vidéo, le vote des internautes désignant le gagnant. C’est celle-ci qui a été récompensée. Et c’est largement mérité…

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Endorphineicontl2

1. Dur à cuire (6:54)
2. Elle dit (5:48)
3. Pauvre ça rime à rien (4:11)
4. Halima (7:00)
5. Tout tout seul (5:16)
6. Horizon (5:55)
7. Une plage sans chien (4:53)
8. Ici (5:06)
9. Je repars (6:03)

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Listen

Ecoute – Achat

bandcamp


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Infos – Site web

web site

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Photo: (c) Pirlouiiiit – compte-rendu du concert au Poste à Galène, Marseille .

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