Eric Legnini – Waxx up

WaxxUp
Waxx Up (03/2017)

Le wax, c’est la cire, la matière utilisée pour fabriquer les disques vinyles. En anglais, le terme reste utilisé pour désigner le disque lui-même: ‘I’m listening to wax, no CD‘, quand ‘put to wax‘ signifie ‘graver sur vinyle‘.
Eric Legnini, lui, est pianiste. De jazz. Non, ne partez pas tout de suite, laissez-moi vous expliquer !
Natif de Liège, il découvre assez tôt ce style musical et quitte à 18 ans sa Belgique natale pour aller se perfectionner au pays du jazz: les USA. Le pays d’Herbie Hancock, aussi, entre autre. De retour en Europe, il va collaborer avec plusieurs artistes puis entamer, à partir du début des années ’90, une carrière solo. Il revendique aujourd’hui une discographie d’une bonne douzaine d’albums.
Sur cet album, Eric a voulu rendre hommage à cette époque où le vinyle / wax était roi. Ces 15 ou 20 ans, entre le milieu des années ’60 et la fin des années ’70, qui ont vu émerger et exploser un nombre incroyable de styles et de genres musicaux, dont la diversité et la variété n’ont jamais été égalées depuis. Impossible de balayer tout cela en un seul album. Eric s’est donc concentré sur la face ‘black‘ de cette période, celle allant de la soul au funk en passant par le rythm’n’blues. Il présente ainsi son ‘Waxx Up‘: ‘La wax, ce sont mes sources ! Ma culture, c’est le vinyle, le sample, les années 1970… Ce disque contient toutes les musiques qui m’ont nourri: du hip-hop à la soul, du jazz funk au r’n’b actuel. Je ne cache pas mes influences, simplement j’en donne ma version‘.

Et quelle version !

elDès l’entame, ‘I Want You Back‘ nous fait grimper au rideau. Maître mot: le groove ! On replonge immédiatement au cœur de cette musique intemporelle, celle des Temptations, de Ike et Tina, ou encore de Sly and The Family Stone. Comment ne pas penser au légendaire ‘Papa was a Rolling Stone‘ à l’écoute de ‘Black Samourai‘ ou ‘Here Comes the Beat Man‘ ? comment ne pas entendre Stevie Wonder sur ‘The Sun Will Dance‘ ?
Certains titres (‘Lagos 75‘, ‘Sick and Tired‘) ne dépareilleraient pas comme bande-son d’un de ces films du courant ‘blaxploitation‘, telle la fameuse trilogie des ‘Shaft‘. L’ombre d’Herbie Hancock plane tout au long de ces 15 titres, ce qui n’est guère étonnant, finalement…

Un hommage n’est totalement réussi qu’à la condition où ceux qui le réalisent savent s’effacer, rester au service de l’oeuvre qu’ils doivent mettre en lumière. Pour cela, Eric s’est attelé à s’entourer d’invités sachant respecter ce principe, mais aussi et surtout de chanteurs et musiciens correspondant exactement à la couleur désirée. On découvre ainsi comme fil directeur la chanteuse américaine Michelle Willis, dont la voix, parfaitement dans la lignée des grandes dames de la soul, accompagne près d’un quart des titres. Il faut aller faire un tour sur le net pour lire que Charles X, dont le chant oscille entre flow rap et soul profonde, n’est qu’un gamin de 25 ans !
On est surpris par la douceur et la sensualité dégagées par la voix de Yael Naim. J’avais, à tort je le reconnais, un à-priori sur cette chanteuse, essentiellement à cause de son tube ‘New Soul’ dont j’avais fait une indigestion à force de matraquage. Son étonnant ‘Despair‘ très électro et aérien m’a poussé à aller faire un tour sur sa discographie et j’y ai découvert une artiste loin d’être superficielle, bien au contraire. Je conseille d’aller faire un tour du côté de ses vidéos sur le tube pour vérifier.
Quant à Ibrahim Maalouf, il n’écrase pas le morceau de sa présence (‘The Wire‘), même si son jeu reste reconnaissable entre mille. Il faut aussi souligner les lignes de basse de Franck Agulhon, somptueuses, le jeu de batterie tout en finesse et en retenue de Daniel Romeo, et bien sûr les claviers d’Eric, dont les parties de Fender Rhodes sont à tomber…

Je m’arrête là: en dire plus serait en dire trop.

Amoureux des belles voix soul, des rythmes funk et du wax: fermez les yeux et écoutez. Vous ne serez pas déçus !

J-Yves

5/5 : StarGreenStarGreenStarGreenStarGreenStarGreen

.

.


Waxx Upicontl2

1. I Want You Back [feat. Michelle Willis] (3:42)
2. Run with It [feat. Charles X] (3:40)
3. Despair [feat. Yael Naim] (3:50)
4. Riding the Wave [feat. Anaelle Potdevin] (3:17)
5. Black Samourai (4:15)
6. Night Birds [feat. Mathieu Boogaerts] (4:30)
7. The Parkway [feat. Michelle Willis] (3:50)
8. The Wire [feat. Ibrahim Maalouf] (3:35)
9. Maybe [feat. Michelle Willis] (4:34)
10. Sick and Tired [feat. Michelle Willis] (4:10)
11. Here Comes the Beat Man (4:15)
12. The Sun Will Dance [feat. Hugh Coltman] (4:25)
13. Living for Tomorrow [feat. Natalie Williams] (4:33)
14. Lagos 75 (4:12)
15. Living for Tomorrow (Trio Version – hidden track) (3:55)

.


Listen

Ecoute – Achat

icon-siteWeb

.


iconTLMusiciens

  • Eric Legnini: Wurlitzer, Fender Rhodes, Clavinet, Production
  • Franck Agulhon: Batterie, Percussions
  • Daniel Romeo: Basse, Guitare

.


iconTL

Infos

web site

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s