Morrighans – The Three Circles of Death

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Morrighans – The Three Circles of Death (01/2017)

L’écriture de cette chronique n’est point aisée: il fait sombre, céans. Et froid. Me voici obligé de regarnir le feu dans la cheminée et de renouveler quelques bougies du chandelier. Mon encrier se vide et ma plume s’assèche. Dehors les corneilles s’agitent et leurs voix crépitantes résonnent au milieu des arbres morts. J’ai cru apercevoir l’ombre du dirigeable, la dame aux 3 yeux ne devrait plus tarder. Je ne sais si je parviendrai à terminer correctement ma tâche…

Bon, en vérité je suis en train d’écouter pour la 10 ou 12ème fois l’album des Morrighans, ‘The Three Circles of Death‘, sorti le 20 janvier dernier.

Le groupe est né véritablement en 2012, lorsque Fanny (piano, claviers, chant) et Laurent (guitare), qui se sont rencontrés quelques années auparavant quelque part autour de Valence (pas en Espagne mais dans la Drôme) décident de lancer le projet. Du travail en studio essentiellement. En 2015, ils organisent le festival Le Péage du Rock dédié au rock progressif. Parenthèse: la 2ème édition de ce festival a eu lieu en octobre 2016 et la 3ème est sur les rails, ce dont on ne peut que se réjouir. Il n’y aura jamais assez de festivals, toutes musiques confondues (ne soyons pas sectaires). Encourageons-les, encore et toujours. Fin de la parenthèse.
C’est en 2015 que le duo décide de passer à la vitesse supérieure pour enregistrer un album. Les renforts arrivent peu à peu: Georges-Marc (guitare), Richard (basse) puis Hervé (batterie) rejoignent l’aventure, suivis plus tard par Séverine (claviers) qui figera le line-up. Un appel à financement participatif est lancé au printemps 2016, avec succès, ce qui permet aux musiciens de débuter l’enregistrement à l’automne.

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(c) Morrighans

A la lecture du 1er paragraphe de cette chronique, on aura facilement deviné l’univers proposé par le groupe: un romantisme noir, à forte tendance gothique et fantastique. Musicalement, on baigne dans un neo-prog à coloration folk. Au travers de leur biographie les Morrighans revendiquent un rock à la croisée de l’atmosphérique, du metal et du post-rock. Comme dit l’autre: y en a. Mais à (toute) petite dose.
Si on note bien 2 titres un peu rugueux (‘The Reaper’s Hand‘, voire ‘Schizophrenia‘) l’ensemble reste très courtois et galant, pour ne pas dire distingué. Pas de riff lourd ou assassin, de rythmique déjantée, ni de changement de cap sauvage et débridé. Ce qui n’est pas un reproche, loin de là. Tout est maîtrisé, ou presque (on y reviendra plus tard). Le côté triste et mélancolique est très bien rendu par les jolies parties au piano. Quelques nappes de claviers apparaissent par-ci par-là, juste ce qu’il faut pour ne pas alourdir la chose. On pense beaucoup à Magenta, et un peu à Mostly Autumn aussi…

Ce qu’on note, surtout, c’est la retenue: il en faut, mais là, comment dire… il y en a plus que nécessaire. La basse ne martyrisera pas vos enceintes, vous pouvez y aller sur le volume. Idem pour les guitares: sages, très sages. Là encore les tympans et les tweeters ne seront pas mis à rude épreuve (j’ai fait le test !). On a la sensation que tout le monde est sur la réserve, hésite à prendre des risques et sortir du cadre. Concentré et appliqué.

Alors c’est sûr: je suis sévère, il ne s’agit après tout que d’un premier album, soyons indulgent. Mais le potentiel est là, musicalement ça tient la route et techniquement c’est au point. Les compositions sont variées et travaillées, mais sur certaines on attend en vain la montée en puissance qui la ferait réellement décoller (‘Angels Song‘, ‘Three Circles of Death‘). Plus anecdotique: j’ai eu du mal à m’adapter au chant, et même après plusieurs écoutes il y a certains passages qui accrochent. Finalement, la voix de Fanny est peut-être la seule chose, sur cet album, qui ne soit pas totalement maîtrisée et qui décide de temps en temps de prendre sa liberté !

Les amateurs d’un neo-prog classieux, élégant et romantique, attirés par les climats sombres et nuageux, devraient largement y trouver leur compte.

Sur leur site, le groupe indique que de nouvelles compositions en vue d’un 2ème opus sont déjà en cours. Inutile de dire qu’on suivra ce petit frère avec grand intérêt !

J-Yves

3/5 : StarGreenStarGreenStarGreenStarGrayStarGray

 

 


The Three Circles of Deathicontl2

  1. Melancholia (1:26)
  2. Mourning Song (4:53)
  3. Intra Nox Insomnia (4:22)
  4. The Reaper’s Hand (3:35)
  5. Schizophrenia (3:42)
  6. The Road (7:53)
  7. Angel Song (4:35)
  8. The Awakening (5:04)
  9. The Dark Tides (6:54)
  10. Three Circles of Death (6:32)
  11. Travel With Spirit (5:56)

 


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Morrighans

  • Fanny Thibert: Chant, Claviers
  • Laurent Wilb: Guitare
  • Georges-Marc Lavarenne: Guitare
  • Richard Mantovani: Basse
  • Hervé Gambonnet: Batterie
  • Séverine Demmer: Claviers



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